Qu’on habite au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, nous ne serons plus épargnés.
Une nouvelle réalité se dessine.
Pourtant, elle n’a rien d’anormal.
Ce que l’on voit et ce que certains et certaines vivent n’a rien d’extraordinaire.
Ce qui se passe ces jours-ci n’est qu’une conséquence du changement climatique, dont on sait (sans plus aucun débat possible) que les activités humaines sont, de loin, la principale cause.

Dire cela n’est pas une opinion.
C’est une réalité factuelle.

Elle est issue d’études, de recherches, de travaux scientifiques qui ont démarré il y a des dizaines d’années.

En 1972, le rapport « Les limites à la croissance » (souvent appelé « rapport Meadows ») dont Donella et Dennis Meadows sont les principaux auteurs, expose 12 scénarios et conclut à une impossibilité d’une croissance économique infinie et l’inéluctable pénurie des matières premières à venir. Cette analyse montre l’interdépendance du système mondialisé : « Le développement économique dépend ainsi de la croissance économique, elle-même stimulée par la croissance démographique et l’exploitation des ressources naturelles. (…) Dans les scénarios envisagés par le rapport, les seuls qui ne conduisent pas à un effondrement sont ceux qui abandonnent la recherche d’une croissance exponentielle sans limite » (source : Carenews, Au fait, c’est quoi le rapport Meadows ?)

En 2022, pour la réédition du 50e anniversaire, je l’ai lu entièrement. Et ça fait froid dans le dos.

En 1990, le premier rapport d’évaluation du GIEC est publié. Il montre et confirme que les gaz à effet de serre (comme le dioxyde de carbone et le méthane) augmentent à cause des activités humaines. Il annonce notamment une élévation du niveau de la mer et une très probable hausse des températures.

La hausse des températures n’est plus à démontrer. Les canicules extraordinaires que nous vivons depuis mai sont la preuve de l’accélération du phénomène.

Aujourd’hui, en 2026, nous sommes sur une tendance à +1,37 °C de réchauffement et les conséquences sont déjà désastreuses. Dans les projections scientifiques, le pire scénario c’est +4 °C.

Je ne sais pas vous, mais quand je vois ce qui se passe à +1,37 °C, je n’ose pas imaginer ce qui pourrait arriver si nous atteignons un réchauffement à +4 °C.

Il faut peut-être le rappeler.
+4 °C ne veut pas seulement dire que nos printemps seront plus doux.
+4 °C ne veut pas seulement dire que nos étés seront plus chauds.
+4 °C ne veut pas seulement dire que les incendies sont plus nombreux.

Non.

+4 °C signifie que l’ensemble de nos activités sociales, économiques ou culturelles ne seront plus possibles.
À +4 °C, les conséquences du réchauffement seront telles que ses impacts et ses conséquences seront multipliés exponentiellement.
À +4 °C, c’est littéralement le modèle de société que nous connaissons, qui s’effondre tout entier.

Les rapports scientifiques sont clairs.

Le réchauffement climatique impacte (déjà) l’ensemble du monde vivant et non vivant :
Effondrement de la biodiversité
Maladies, virus
Canicules
Incendies
Sécheresses
Cyclones
Crues
Submersions
Baisse du rendement agricole
Épuisement des ressources en eau douce
Impact sur la santé humaine
Famines
Réfugiés climatiques
Conflits armés

Toutes ces conséquences et ces impacts sont liés et s’alimentent.

Si écrire ou redire d’où vient le problème est essentiel, je crois que l’heure n’est plus à l’analyse ou la rétrospective.
Et pourtant, je ne sais pas quoi faire, comment m’y prendre pour réguler ma peur face à cet effondrement annoncé et désormais bien visible.

Nous atteignons un point de bascule qui impacte désormais dans leur chair des millions de personnes dans le monde.
En France (un des pays les plus exposés aux conséquences du changement climatique), l’Europe et le reste du monde.

Ce qui se passe me donne plus que jamais l’envie d’agir. De m’engager.
C’est parfois difficile et je ne sais pas toujours comment faire, par où commencer.
Je me sens souvent en état de choc et paralysé par ce qui se passe ou les informations que je lis.
Et je me sens, aussi bizarre que ça puisse paraître, coupable de réagir face à ce qui se passe.

Nous aurons besoin d’être des millions pour nous sauver.
Les « militants écologistes » tant décriés et accusés d’être des extrémistes par les médias et par les politiques sont plus que jamais légitimes.
Rejoignons-les. Impliquons-nous dans des asso, des collectifs. Préparons des rassemblements. Ne restons pas seuls.

L’écologie punitive, ce n’est pas les actions coup de poing, les manifestations ou les mobilisations citoyennes.
Ce qui nous punit n’est rien d’autre que l’inaction et l’absence de volontarisme politique.
Quand le gouvernement vote pour la réintroduction des pesticides via la loi d’urgence agricole, coupe les fonds pour rénover les bâtiments, limite les moyens donnés aux hôpitaux, aux pompiers ou encore nous donne des conseils sur comment gérer son éco-anxiété, ou nous dit que nous sommes prêts pour faire face ou encore, nous promet qu’on va « reconstruire », je me rends compte une fois de plus que nous ne pouvons pas compter sur eux pour que les choses changent pour de bon.

Face à l’inaction des forces politiques, je crois que nous n’aurons plus d’autres choix que de se lever pour se soutenir et se sauver. Tous et toutes.
C’est déjà ce qui se passe, dans l’urgence, sur le front des incendies.
J’ai envie de voir des gens qui se rassemblent, qui prennent soin les uns.es des autres.
Qui agissent, qui préviennent, qui sensibilisent.
Même si je ne sais pas encore ce que je devrais faire, ce dont je suis sûr, c’est qu’il ne faut pas rester seul.e.

Prenez soin de vous, de vos proches.
Aimez-vous.
Soutenez-vous.
Engagez-vous.
Je souhaite que nous puissions tous et toutes ouvrir la voie.
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